 |
 |
 |
|
Uma Thurman :
"Au terme de mon entraînement, j'avais le sentiment d'avoir acquis certaines aptitudes au combat. Durant la dernière semaine, j'ai travaillé la chorégraphie à un rythme quotidien, afin d'assimiler les centaines de mouvements et combinaisons de cette scène. Mais une fois sur le plateau, Quentin a zappé toute cette chorégraphie, m'obligeant à assimiler "à chaud" cinq, dix, quinze points précis par plan, tandis que l'équipe caméra attendait patiemment que je sois prête! J'ai soudain réalisé que ce que Woo-Ping m'avait inculqué de plus précieux était d'apprendre
à apprendre.
Les acteurs découvrirent cependant qu'aucune mise en forme ne vous prépare totalement à la réalité d'un combat.
|
|
Yuen Woo-Ping :
"Chaque mouvement est réglé en fonction de la caméra. Pour truquer un coup, on choisit, classiquement, un angle qui masque le point d'impact. Mais, parfois, l'objet de la scène est de mettre en évidence la rudesse du coup porté. Un contact direct s'impose alors, et l'acteur mettra tout son talent à "vendre" l'effet, en feignant d'accuser un coup d'une grande violence."
Le tournage en Chine fut pour Tarantino une occasion unique de "communier" avec l'un de ses grands maîtres.
|
|
Quentin Tarantino :
"Les deux sociétés de production pour lesquelles j'ai une affection particulière sont la New World de Roger Corman dans les années 70 et la Sir Run Run Shaw des Frères Shaw. Et, pour moi, l'as des réalisateurs de cette dernière fut Chang Cheh. Il occupe au sein de la vieille école du film de kung-fu la place de John Ford dans celle du western. C'est lui qui signa en 1967 le premier vrai film d'arts martiaux : ONE-ARMED SWORDSMAN, avec Jimmy Wang Yu. Cet authentique pionnier est mort en 2002 durant les prises de vues de KILL BILL et j'ai parfois senti son esprit planer sur nous."
Le fantôme de Chang Cheh intervint même dans la résolution d'un petit problème technique
Quentin Tarantino :
"Pour simuler un jet de sang, on utilise aujourd'hui des dispositifs relativement sophistiqués : tubes pressurisés, amorces, etc. Moi, j'avais envie d'oublier que nous étions sur un film à gros budget et je voulais me retrouver dans l'état d'esprit d'un gamin de treize ans qui tourne en amateur dans le jardin de ses parents. C'est alors que Yuen m'a dit : "Sais-tu comme on procédait jadis? On donnait un préservatif rempli de sang à l'acteur censé recevoir un coup de sabre, et lors de l'impact, celui-ci pressait la capote et en faisait jaillir le liquide. Le résultat était spectaculaire. On le doit à Chang Cheh." On a essayé, et c'était réellement excellent. Je n'aurais pas réussi à obtenir la moitié des effets recherchés sans cette astuce."
|
|
En savoir plus sur : les coulisses de Kill Bill
En savoir plus sur : l'équipe technique |
|
| |
|
| |
|