|  onçu
au départ comme un seul long métrage,
KILL BILL sera finalement présenté en
deux époques : KILL BILL VOLUME 1 et KILL BILL
VOLUME 2.
Quentin Tarantino : “Durant l’écriture,
j’ai pensé qu’ Harvey Weinstein pourrait
accepter cette formule, mais je n’ai pas été
jusqu’à la lui suggérer. Plus tard,
il décida de lui-même de ne rien couper
et me demanda si j’accepterais... de présenter
le film en deux époques. “Génial
!” ai-je répondu, et en l’espace
de deux heures, j’ai su comment procéder.”
À l’approche d’une décision
finale, Tarantino présenta à Harvey Weinstein
un montage du futur KILL BILL VOLUME 1 : “Ce
sera, au choix, le premier film ou la première
moitié du film.” La réponse
fut immédiate : “Cette fin est géniale
! Pas de problème ! Nous aurons deux films.”
La pratique commence à se répandre aux
Etats-Unis de planifier certains films sous forme de
série. Elle est déjà courante en
Europe depuis des décennies, et encore plus en
Asie. L’une des inspirations de KILL BILL, l’épopée
yakusa de Kinji Fukasaku BATTLES WITHOUT HONOR AND HUMANITY,
aligna ainsi plusieurs épisodes échelonnés
sur une période de trois ans. Chacun des deux
volumes de KILL BILL possède sa tonalité
et son ambiance propres et recourt à des stratégies
narratives contrastées. Pour ce qui est de la
touche asiatique, par exemple, le VOLUME 1 est sous
influence japonaise, via le personnage clé de
Hattori Hanzo interprété par Sonny Chiba
(qui est également le chorégraphe kenjutsu
du film). Le VOLUME 2, en revanche, est d’inspiration
chinoise, de par la présence de Gordon Liu Chia-hui,
figure légendaire du cinéma d’arts
martiaux qui incarne le “moine aux sourcils blancs”
Pei Mei, implacable instructeur kung-fu de la Mariée.
(Liu tient en outre dans le VOLUME 1 le rôle secondaire
de Johnny Mo, homme de main de la chef yakusa O-Ren
Ishii).
Les nombreuses références - notamment
musicales - au western spaghetti trouveront une résonance
accrue dans le VOLUME 2, lors de la rencontre de la
Mariée avec Budd (Michael Madsen) à El
Paso, et durant la poursuite de Bill au Mexique. Détail
frappant : Bill, héros éponyme du film,
apparaît à peine dans le VOLUME 1. Sa présence
n’imprègne pas moins le film, et l’on
peut entendre à plusieurs reprises l’inimitable
murmure de son interprète, David Carradine. Il
sera omniprésent dans le VOLUME 2, axé
principalement sur sa confrontation avec la Mariée.
D’autres considérations, purement pratiques,
amenèrent Tarantino à distiller KILL BILL
“à petites doses” : l’affrontement
final du VOLUME 1 dans la “Villa Bleue”
est un combat au sabre de vingt minutes, opposant la
Mariée aux sbires d’O-Ren Ishii (Lucy Liu).
La réalisation de ce tour de force prit huit
semaines (deux de moins que la totalité de PULP
FICTION !), et “arrivés à ce
point, nous étions tous épuisés
et avions besoin de marquer une pause”, explique
Tarantino. |