ILL BILL adopte la structure basique d’un film de kung-fu, définie dès les premières productions des Frères Shaw comme ONE-ARMED SWORDSMAN de Chang Cheh (1967), et reprise dans des dérivés américains tardifs comme KARATÉ KID (1984). À quoi s’ajoutent, inévitablement, la notion de code d’honneur et l’obligation de bien agir, propres au guerrier samouraï comme au héros kung-fu.

Uma Thurman : “L’important pour moi, c’est que la Mariée possède une certaine noblesse. Elle ne prend pas ses adversaires en traître. Elle confronte chacun sur son terrain, lui laisse le choix des armes, le provoque en duel. Elle respecte scrupuleusement les Règles d’Honneur des Vipères, énoncées à mon usage par Quentin.”

Quentin Tarantino : “Après la mise en route du projet, j’ai consacré une année entière à l’écriture et à la réécriture. Pour me stimuler et soutenir mon inspiration, je visionnais au moins un, voire deux ou trois films d’arts martiaux par jour. J’ai également vu des films de samouraïs et d’“animé”. Des images de tous ces films m’ont habité et imprégné jusqu’à devenir une seconde nature et à me fournir le matériau brut de KILL BILL. Je n’ai absolument pas suivi la production hollywoodienne de cette année.” Tarantino consulta fréquemment sa vedette en cours d’écriture : “J’ai même laissé le personnage plus ouvert qu’à l’habitude pour permettre à Uma d’y contribuer de façon suivie.”

Uma Thurman : “Quentin a aussi entrepris de m’initier aux différents cinémas de genre. Dès le départ, il m’a montré THE KILLER de John Woo, COFFY avec Pam Grier, les films de Sergio Leone avec Clint Eastwood, ROLLING THUNDER de John Flynn et LADY SNOWBLOOD, un film de samouraï féminin qui a été une source d’inspiration majeure. J’ai ainsi absorbé quantité d’images tirées de films d’action qui me terrifiaient passablement, et je me demandais tout le temps : “Mais qu’est-ce qu’il peut bien écrire pour moi ?”