’inoubliable Ling Woo de la série “Ally McBeal” (1998-2001) a triomphé avec Cameron Diaz et Drew Barrymore dans CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES de McG et sa suite, CHARLIE’S ANGELS : LES ANGES SE DÉCHAÎNENT, deux succès internationaux entre lesquels elle partagea avec Jackie Chan la vedette de la comédie SHANGHAI KID. Partenaire d’Antonio Banderas dans LES ADVERSAIRES de Ron Shelton et BALLISTIC : ECKS VS. SEVER de “Kaos”, elle a joué récemment dans CYPHER aux côtés de Jeremy Northam et a fait une brève mais mémorable apparition dans la comédie musicale CHICAGO, lauréate de l’Oscar 2003.

Originaire de New York, Lucy Liu y fait également ses études universitaires avant de décrocher une licence de langues et cultures orientales à l’Université du Michigan. C’est durant sa dernière année d’études qu’elle auditionne pour un petit rôle dans Alice au Pays des Merveilles... et décroche la vedette de ce spectacle conçu par Andre Gregory. Suivront notamment, sous l’égide du Met Theatre Development Ensemble, Numb, Redwood Curtain et M. Butterfly.

Avant “Ally McBeal”, qui lui rapporta une citation à l’Emmy en 1999 et un Screen Actors Guild en 2000, Lucy Liu a tourné dans “Urgences”, “High Incident”, “Coach”, “New York Police Blues”, “La Loi de Los Angeles” et “X-Files”, ainsi que dans la sitcom “Pearl” et le téléfilm RIOT. Parmi ses premières apparitions au cinéma figurent aussi JERRY MAGUIRE, CITY OF CRIME, GRIDLOCK’D et un rôle de dominatrice déjantée dans PAYBACK de Brian Helgeland. Lucy Liu a aussi prêté sa voix à des productions animées comme “Les Simpson”, “King of the Hill” et “Mulan 2”. Elle a signé récemment un contrat d’interprète/productrice exécutive sur une version contemporaine de CHARLIE CHAN pour la Twentieth Century Fox.

Lucy Liu dans le rôle d'O-Ren Ishii

Pour interpréter O-Ren Ishii, ex-Vipère et sabreuse émérite qui devient la première chef suprême de la mafia japonaise, Tarantino se tourna vers Lucy Liu, qu’il avait adorée - en princesse mandchoue ! - dans le film de Jackie Chan SHANGHAI KID (2000). Sa fulgurante apparition dans PAYBACK (1999) et ses rôles vedettes dans CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES (2000) et BALLISTIC : ECKS VS. SEVER (2001) ont prouvé par ailleurs l’extrême aisance de Lucy Liu dans le domaine de l’action.

Tarantino envisageait au départ une actrice japonaise ou chinoise, mais il réalisa que Lucy Liu était la mieux placée pour ce rôle qu’il adapta en conséquence : “O-Ren n’est plus japonaise, mais sino-américaine, ce qui ne l’empêche pas de régner sur la pègre de Tokyo. Il a suffi d’une scène pour justifier ce détail et expliquer le passé du personnage.”

Alors que Tarantino voyait originellement O-Ren comme une femme plutôt froide et androgyne, Lucy Liu, après s’être plongée dans la langue et la culture japonaises, lui suggéra de mettre en valeur sa féminité : “Cela me plaisait de rendre O-Ren plus féminine, fût-ce en surface, car on est doublement surpris de découvrir une implacable tueuse derrière ce masque de jolie poupée. Une forme de camouflage qui abuse également tous ses ennemis.”

L’écriture de Tarantino, l’accent mis sur les cruelles années d’apprentissage d’O-Ren contribuent fortement à l’originalité du personnage.
Lucy Liu : “On voit d’où elle vient, on assiste à son développement affectif et on comprend qu’elle soit devenue aussi froide. D’habitude, on ne perçoit que le côté le plus noir de tels personnages. Quentin vous rappelle qu’il s’agit d’un être humain, transformé et endurci par les épreuves.

O-Ren animée

Ces informations sont fournies par l’un des dispositifs narratifs les plus inattendus du film : une séquence d’animation dans laquelle O-Ren assiste au sanglant assassinat de son père. La scène, d’une audacieuse conception stylistique, fut commanditée au grand studio d’animation japonais Production I. G., qui a été associé à certains des “animés” les plus originaux de la dernière décennie, tels GHOST IN THE SHELL de Mamoru Oshii (1995) et JIN-ROH : THE WOLF BRIGADE de Hiroyuki Okiura (1999). Tarantino collabora étroitement à chaque étape de cette création.
Quentin Tarantino : “J’adore l’animation japonaise et il n’était pas question que je délègue l’épisode à ces gars, malgré toute l’admiration que je leur voue. Non, je tenais à m’éclater moi aussi sur un dessin animé.

Tarantino rédigea donc un script minutieusement découpé et détaillé de cette séquence, puis interpréta devant les animateurs les moindres gestes et mouvements de chaque plan. Après cette séance qui dura six bonnes heures, il contribua avec les animateurs à l’ultime série de story-boards.

En s’impliquant autant dans le processus, Tarantino rend le passage de la prise de vues réelle à l’animation d’autant plus fluide et convaincant : “Cela fonctionne parce que j’aurais tourné la scène en “live” de la même manière. La continuité est respectée.